Les premiers agriculteurs et éleveurs, ceux qui domestiquèrent des plantes comme le blé ou l’orge ou des animaux comme le porc, furent-ils également les premiers à s’attacher à un fidèle compagnon à quatre pattes?

De nouveaux travaux génétiques concluent en effet que la domestication du chien (Canis canis), dont l’ancêtre est le loup gris (Canis lupus), s’est effectuée au Moyen Orient, il y a environ 15.000 ans.

Jusqu’à présent, l’origine du chien avait été placée plus à l’Est, en Asie. C’était la conclusion d’une étude publiée en 2002 qui reposait sur l’analyse d’une partie de l’ADN mitochondrial (l’ADN des mitochondries, organites des cellules, transmis par la mère). L’équipe du Suédois Peter Savolainen avait constaté une plus grande diversité de cet ADNmt chez les chiens d’Asie, notamment de Chine, concluant qu’il s’agissait là de la population d’origine.

Ces travaux sont remis en cause par une étude génétique de plus grande ampleur publiée cette semaine dans la revue Nature. L’équipe de Robert Wayne (UCLA, États-Unis) a comparé 48.000 marqueurs sur l’ADN nucléaire de 912 chiens, issus de 85 races, et de 225 loups gris issus de différentes populations, dont celles du Moyen-Orient (Israël, Iran, Arabie Saoudite).

Leurs résultats montrent que les chiens actuels ont essentiellement hérité de la diversité génétique des loups du Moyen-Orient, avec lesquels ils partagent un plus grand nombre de marqueurs qu’avec les loups de l’Est de l’Asie, d’Europe ou d’Amérique du nord. Les chiens se sont ensuite hybridés avec les populations locales de loups, écrivent Wayne et ses collègues. L’évolution récente des chiens, qui a vu la multiplication des tailles, des couleurs et des styles, s’est faite à partir de ce pool génétique et n’a apporté que très peu de variations, concluent-ils.

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